Comment construire une coque

Comment construire une coque ? - Q&R

À peine 93 journées de travail se seront écoulées après la cérémonie de pose de la quille du Honfleur le 6 août, lorsque sa coque achevée sera mise à l’eau dans la mer Baltique. Cette imposante structure mesurera 187 mètres de long et 31 mètres de large, remplissant presque entièrement le grand hall qui recouvre la cale de lancement sur laquelle elle est assemblée. Elle comprendra six ponts, fera 20 mètres de haut, et pèsera 10 000 tonnes, avec ses moteurs, ses alternateurs et ses hélices qui auront alors également été installés. Mais comment créer une structure aussi gigantesque et complexe si rapidement ? Réponses : préparez chaque soudure, respectez le calendrier, découpez la coque en « tranches », et assemblez une partie à l’envers.

Combien de parties d’un navire peuvent être pré-fabriquées avant la pose de la quille ?

Beaucoup. Entre la cérémonie marquant la découpe de la première tôle du Honfleur le 12 mars et la pose de sa quille le 6 août, des milliers de tonnes d’acier ont été découpées et soudées en des dizaines de blocs de coque, pesant chacun jusqu’à 220 tonnes. « C’est simplement une question de temps et d’espace, » a déclaré Anna-Lena Bubenheim, Chef de Projet pour le Honfleur au chantier naval allemand FSG, où le navire est en construction. « Nous avons une seule cale de construction, et ce n’est pas productif d’avoir un seul navire à l’occuper pendant toute la durée de la découpe et d‘assemblage de ses tôles d’acier. » Au total, 118 blocs seront préfabriqués et grutés sur la cale pour créer la coque, faisant gagner au Honfleur des centaines de tonnes pratiquement chaque jour.

Comment construire une coque

Pourquoi le construire en blocs ?

Créer un bateau comme le Honfleur est tout le contraire d’une recette de gâteau : vous réalisez les tranches d’abord, puis vous les assemblez. « C’est plus rapide, et plus productif de procéder ainsi, » a expliqué Anna-Lena. « Nous pouvons confier à de petites équipes d’ouvriers des blocs individuels pour qu’ils accomplissent leurs tâches spécialisées sans qu’ils ne se gênent les uns les autres. Le fait d’avoir des sections ouvertes facilite grandement la pose et la soudure d'éléments volumineux ou longs, comme les tuyauteries. Et bon nombre de ces tuyauteries étant suspendues, il est souvent plus facile de construire un bloc à l’envers afin de ne pas avoir à les soulever pour les fixer. Il suffit ensuite de retourner les blocs une fois terminés. »"

Comment les blocs sont-ils assemblés ?

Une fois les blocs achevés, ils sont soulevés à l’aide de grues, placés sur une remorque et transportés (très lentement) jusqu’aux halls de peinture de la taille d’un hangar pour avion. Ils reçoivent quatre couches de peinture, les bords des blocss sont laissés nus pour les soudures de jonction. Ils rejoignent ensuite la cale. Les constructeurs navals aiment évoquer la manière dont ils « font nager l’acier », mais ils le font tout d’abord voler, en soulevant des blocs pesant autant que cinq semi-remorques à pleine charge pour les hisser au-dessus de la coque existante jusqu’à l’emplacement désiré. Des équipes de constructeurs navals hautement qualifiés alignent ensuite les blocs avec une précision millimétrique malgré leur poids énorme au moyen de ridoirs et d’équipements hydrauliques. Ils sont ensuite soudés, puis les conduites et les réseaux sont reliés et la peinture achevée. « Il reste bien évidemment de nombreuses tâches, comme le tirage de câbles et l’achèvement de l’installation des moteurs, qui ne peuvent être accomplies qu’une fois la coque terminée, » a déclaré Anna-Lena. « Mais en réalisant tout le reste à l’avance, nous accordons à ces équipes plus de temps. »

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Comment mettez-vous 10 000 tonnes d’acier à l’eau ?

En les faisant simplement glisser. Ce n’est bien évidemment pas aussi simple, mais le chantier naval FSG possède la dernière cale traditionnelle en activité en Allemagne, où une coque (ou un navire complet) est lancée en glissant en arrière jusqu’à la mer. La cale même est constituée d’un plan incliné et d’une plate-forme en bois d’environ 2,5 mètres de large à son axe formant une ligne de tins. La coque repose sur des supports en acier et en béton sur toute sa largeur pendant sa construction. Mais une fois la coque achevée, la ligne de tins est relevée pour supporter son poids tout entier, les autres éléments de soutien latéraux sont retirés et la coque tient en équilibre sur son axe. Les portes donnant vers la mer au bout de la cale sont ouvertes et l’eau pénètre à une hauteur d’environ un cinquième du navire : pas suffisamment pour le faire flotter. Les systèmes de retenue maintenant la ligne de tins en place côté mer sont retirés (un bélier hydraulique la pousse sur le haut si nécessaire) et la coque avec sa ligne de tins glissent ensemble dans le fjord de Flensburg. « C’est à ce moment-là que nous voyons si elle sait effectivement nager, » plaisante Anna-Lena. « C’est un spectacle impressionnant. J’ai assisté à six lancements depuis que je travaille ici et c’est toujours aussi passionnant. »

Et ensuite ?

Ce n’est que la construction de la coque du Honfleur. Après le lancement, sa superstructure tout entière doit être aménagée, avec ses cinq ponts restants, sa passerelle de commandement, ses espaces passagers et ses 261 cabines. C’est un processus tout aussi impressionnant, qui mérite sa propre explication.

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